Réforme de la Moudawana 2026 : ce que prévoit le nouveau code de la famille

Par Salma L. • Mise à jour le 20 février 2026 • Temps de lecture estimé : 8 minutes

La Moudawana, ou le Code de la famille marocain, est un ensemble législatif essentiel qui régit les droits familiaux au Maroc, notamment ceux relatifs au mariage, au divorce, à la garde des enfants, à l’héritage et à la polygamie. Depuis sa première adoption en 1958, la Moudawana a subi plusieurs révisions importantes, dont la réforme majeure de 2004 (avec une mise à jour en 2021), qui a marqué un tournant pour les droits des femmes et l’égalité dans les familles marocaines.

Aujourd’hui, une nouvelle réforme du code de la famille est en cours d’adoption au Maroc. Les propositions, dévoilées le 24 décembre 2024, visent à moderniser davantage le droit de la famille en intégrant les attentes contemporaines de la société marocaine. En février 2026, le projet de loi est en attente de vote au Parlement.

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Qu’est-ce que la Moudawana et quel est son rôle dans le droit de la famille marocain ?

La Moudawana osra (مدونة الأسرة المغربية) est une législation qui détermine les droits et les devoirs des membres d’une famille au Maroc, en s’appuyant sur les principes du droit islamique. Elle englobe divers aspects fondamentaux comme le mariage, le divorce, la garde des enfants, la filiation, l’héritage, et la polygamie. Elle apporte un cadre légal pour résoudre les conflits familiaux tout en préservant les valeurs culturelles du pays.

Le Code de la famille marocain est aussi le texte de référence pour établir les documents fondamentaux de l’état civil, comme le livret de famille, qui formalise les liens entre époux et enfants.

Où en est la réforme de la Moudawana en 2026 ?

Le processus de révision du code de la famille a été lancé par le Roi Mohammed VI lors de son discours du Trône en juillet 2022. En septembre 2023, une instance spéciale a été créée sur ordre royal pour piloter la réforme. Après 130 séances d’auditions avec la société civile, les partis politiques et les associations, cette instance a formulé 139 propositions d’amendement.

Les grandes lignes des propositions ont été rendues publiques le 24 décembre 2024, après validation royale et avis du Conseil supérieur des oulémas. Le gouvernement a ensuite rédigé un avant-projet de loi qui devait être déposé au Parlement lors de la session du printemps 2025.

note
État d’avancement (février 2026) : le projet de loi n’a pas encore été définitivement voté par le Parlement. Le gouvernement espère une adoption courant 2026, suivie de décrets d’application. Les élections législatives prévues en 2026 pourraient toutefois influencer le calendrier.
La Moudawana est une réforme fondamentale dans la législation des relations familiales au Maroc.
La Moudawana est une réforme fondamentale dans la législation des relations familiales au Maroc.

Ce que prévoit la réforme de la Moudawana

Les propositions de réforme touchent plusieurs domaines clés du droit de la famille. Voici les principaux changements envisagés :

1. L’égalité des sexes 

L’un des objectifs majeurs est de renforcer l’égalité entre les époux, notamment en matière de divorce, d’héritage, et de responsabilité parentale.

2. Mariage 

Il est proposé de confirmer l’âge minimum de 18 ans pour se marier, avec des conditions encore plus strictes pour les exceptions. L’objectif est de réduire drastiquement les mariages de mineurs, qui restent un problème malgré la réforme de 2004.

Des propositions visent également à simplifier certaines procédures pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE), notamment dans le cadre de mariages mixtes (comme le mariage franco-marocain), avec des mesures pour protéger les droits des deux conjoints et de leurs enfants, y compris en matière successorale.

3. Les droits et responsabilités des hommes et des femmes (gestion du patrimoine conjugal)  

La réforme vise à établir une égalité de droits et de responsabilités entre les hommes et les femmes dans le cadre familial. Il est notamment proposé que les femmes puissent participer pleinement à la gestion des biens familiaux et, en cas de divorce, obtenir des compensations financières en fonction de leur contribution à l’acquisition du patrimoine conjugal.

4. Divorce  et droits des femmes 

Les propositions prévoient des modifications importantes de la procédure. Le divorce par consentement mutuel serait simplifié, offrant aux couples la possibilité de se séparer sans passer par une procédure judiciaire complexe.

5. Garde des enfants

Une priorité est donnée à l’intérêt supérieur de l’enfant. Il est proposé que la garde soit considérée comme un droit commun aux deux parents durant le mariage, avec possibilité de garde partagée en cas de divorce. La mère pourrait conserver son droit de garde même après un remariage, ce qui représente un changement majeur par rapport à la législation actuelle. Des indicateurs référentiels seraient mis en place pour fixer le montant de la pension alimentaire de manière plus équitable.

6. Héritage 

Les nouvelles mesures relatives à l’héritage visent à garantir un traitement plus égalitaire des héritiers, y compris les filles, en s’assurant que les principes d’égalité soient respectés tout en restant conformes aux règles de la sharia islamique. Il est également proposé que l’époux ou l’épouse survivant puisse conserver le foyer familial jusqu’à son décès, sous certaines conditions.

7. La Polygamie 

La polygamie resterait autorisée, mais avec des restrictions renforcées. L’épouse devrait donner son consentement préalable, et la polygamie ne serait permise que dans des circonstances exceptionnelles. Cette proposition vise à minimiser les abus tout en restant dans le cadre du droit islamique.

note
Ces propositions ne sont pas encore entrées en vigueur. En attendant l’adoption définitive du texte par le Parlement, c’est le Code de la famille de 2004 qui reste applicable. Les individus qui souhaitent faire valoir leurs droits peuvent se tourner vers des avocats spécialisés en droit familial.

Une réforme qui façonne l’avenir de la famille marocaine

La réforme de la Moudawana représente une avancée potentiellement majeure pour le droit de la famille au Maroc. En renforçant les droits des femmes et des enfants, et en adaptant les lois aux réalités sociales actuelles, la nouvelle Moudawana (المدونة الجديدة) marquerait un tournant dans l’évolution du droit marocain.

Toutefois, elle soulève encore des défis et des débats, notamment en ce qui concerne l’égalité successorale et la polygamie. Le processus législatif est en cours, et l’adoption définitive du texte dépendra du calendrier parlementaire et du contexte politique de 2026. Cette réforme reste un enjeu essentiel pour l’avenir du droit de la famille au Maroc, et son impact se fera ressentir tant sur le plan juridique que social.

FAQ

Quels sont les droits de la femme en cas de divorce ?

En cas de divorce, la femme a droit à une compensation financière (Mout’a :  المتعة), déterminée par le juge en fonction de critères tels que la situation financière de l’époux et la durée du mariage. Si elle initie le divorce pour discorde, elle ne pourra pas prétendre à cette compensation, mais pourra demander des dommages-intérêts en cas de préjudice. De plus, elle bénéficie d’une pension alimentaire et des frais de logement (Nafaqa : النفقة) pendant la période de viduité (Idda : العدة), avec des montants fixés par le juge.

Comment la Moudawana affecte-t-elle les relations entre les époux ?

La Moudawana établit des principes d’égalité et de respect mutuel entre les époux. Elle permet aux femmes de stipuler des conditions dans leur contrat de mariage, par exemple, interdisant la polygamie. Elle reconnaît également le droit des deux époux à gérer conjointement les affaires du foyer.

La mère perd-elle la garde de ses enfants si elle se remarie ?

Selon le Code de la famille actuel (2004), la mère peut maintenir sa garde dans certains cas après un remariage : si l’enfant n’a pas dépassé l’âge de sept ans, si la séparation lui occasionne un préjudice, si l’enfant est malade ou handicapé, ou si le nouveau mari est un parent de l’enfant ou son représentant légal. La réforme en cours propose d’aller plus loin en permettant à la mère de conserver systématiquement son droit de garde après un remariage.

Toutefois, le remariage de la mère exempte le père des frais de logement de l’enfant ainsi que de la rémunération pour la garde, mais il reste redevable de la pension alimentaire de l’enfant.

Comment est régulée la pension alimentaire pour enfants lors d’une procédure de divorce (NAFAQA) ?

En cas de divorce, le père est tenu de subvenir à l’entretien de ses enfants jusqu’à leur majorité ou jusqu’à 25 ans s’ils poursuivent leurs études. La fille perd son droit à l’entretien uniquement si elle dispose de ressources propres ou si son entretien est pris en charge par son mari.
En cas d’incapacité du père à subvenir à l’entretien de ses enfants, la mère doit assumer cette charge en fonction de ses moyens financiers. La pension alimentaire couvre l’alimentation, l’habillement, les soins médicaux, l’instruction et tous les besoins essentiels. Le tribunal de la famille évalue la pension alimentaire en fonction des revenus des parties, du coût de la vie et des usages sociaux.

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Salma L. Rédactrice web spécialisée dans les procédures administratives
Rédactrice polyvalente et enseignante de français, je suis Maroco-Belge et je réside actuellement au Maroc. En collaboration avec demarchesmaroc.com et demarchesdz.com, je rédige des contenus sur diverses démarches administratives au Maghreb, en veillant à fournir des informations fiables et de qualité.

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